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LivRacine

Histoires de livres, de lectures et d'écriture.

SOUVENIRS DE LECTURES

Publié le 9 Septembre 2012 par Racine Assane Demba

SOUVENIRS DE LECTURES

A l’adolescence j’ai lu ‘’Germinal’’ de Zola, c’était ma première grande expérience littéraire. Par grande expérience j’entends ces petites choses qui font que l’on sait qu’on est tombé amoureux d’un livre comme ne plus vouloir lâcher le bouquin seulement après avoir lu la première page, revenir à des passages déjà parcourus pour les dévorer à nouveau afin d’être sûr d’avoir saisi la petite flamme qui s’allume au milieu d'une phrase et qui si on n’y prend garde nous échappe inéluctablement. J’y ai découvert cette façon d’aimer, d’avoir la haine, de se sentir heureux que seuls savent connaitre ceux qui ont soufferts. J’y ai contemplé une image de l’injustice dont j’eus du mal à me défaire tant elle me prenait aux tripes. J’y ai appris que l’horreur pouvait être belle. Je devais avoir quatorze ans . Je n’en suis pas sorti indemne.

Le roman m’avait été prêté par ma cousine qui était quelques classes au dessus de moi. Mes amis me demandaient comment je pouvais avoir la patience de venir à bout d’un ouvrage si volumineux. Ma maïeutique selon laquelle si on peut enchainer les petits livres de contes et que le nombre de pages cumulées contenu dans une dizaine de ces livres équivalent aux quelques centaines de pages de Germinal alors on peut enchainer les chapitres de Germinal, ne semblait pas les convaincre.

Il y eut dans la foulée ‘’Une si longue lettre’’ de Mariama Bâ à la fin de laquelle je me suis promis que je ne serai pas polygame. A cet âge on s’en fait des promesses. Aujourd’hui je ne suis plus tout à fait sûr de pouvoir respecter celle-ci. Puis Maimouna d’Abdoulaye Sadji . Je me suis tellement pris de sympathie pour la petite Mai que j’ai pleuré à la fin du livre lorsque par un acharnement du sort elle se retrouve à mendier n’ayant plus rien à voir avec la pétillante jeune fille qu’elle avait été.

Un peu plus tard sont venus ‘’Hannah 2 L’Impératrice’’ de Sulitzer (et compagnie), je lirai le tome 1 des années plus tard, toujours subtilisé à la cousine située quelques classes au dessus. Je me suis rêvé en Taddeuz et me suis essayé à la poésie, ‘’L’Etranger ‘’de Camus qui fait partie de ces rares ouvrages qu’après avoir lu on se croit détenteur d’un secret, sa première phrase : "Aujourd’hui maman est morte ou peut être hier, je ne sais plus" : inégalable, sauf peut être par la ligne initiale de ‘’Un ange à Bucarest’’ de Sydney Sheldon, sauf (désolé pour la répétition) que pour que celle-ci puisse rivaliser avec celle là, il faut avoir été passionné par l’affaire DSK et la mettre en perspective avec elle pour que le : « Stanton Rogers aurait du être président des Etats Unis mais il s’était fait baiser par sa propre queue sur le chemin de la Maison Blanche » de Sheldon puisse devenir : « Dominique Strauss Kahn aurait du être président de France mais il s’était fait baiser par sa propre queue sur le chemin de l’Elysée ».

Il y eut encore, durant cette période où j’apprenais à lire, hormis les œuvres étudiées en classe : ‘’Autant en emporte le vent’’ de Margaret Mitchell emprunté à mon oncle préféré, ‘’La vie en spirale d’Abass Ndione’’ reçue à la cérémonie de remise de prix de fin d’année scolaire, ‘’Le Parfum’’ de Patrick Süskind, emprunté à mon père, pour ne citer que ceux là.

J’ai dit qu’en cette délicieuse période de ma vie j’apprenais à lire mais point n’est besoin de préciser que l’apprentissage se poursuit encore aujourd'hui…

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