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LivRacine

Histoires de livres, de lectures et d'écriture.

Rencontre avec Alma Negra

Publié le 12 Avril 2013 par Racine Assane Demba in Littérature

Fabian Casas, une des nouvelles têtes d’affiche ou têtes de turc de la littérature argentine, c’est selon, a dit, dans une de ses fabulations dont il semble détenir le secret que Flaubert n’avait pas trop de saveur, que les effluves qui se dégageaient de sa prose, au demeurant sublime, n’étaient pour lui en rien enivrantes. « Flaubert est un écrivain incroyable . Tout est parfait, tu ne peux pas lui dire : ‘’Eh, tu aurais dû changer la fin de Madame Bovary’’. Pourtant, il y a chez Flaubert quelque chose de métallique, un peu comme quand tu goûtes un Coca light. À l'inverse, Tolstoï comporte un tas d'erreurs. Mais c'est terriblement épique, tu oublies tout et tu sais juste que tu es en train de lire un truc incroyable. » affirme-t-il

Quand Alma Negra (Mame Ngoné Faye à l’état civil), l’auteure de ‘’Effluves délétères’’, m’a dit, dans un éclat de rire, brillante étoile dans la nuit de sa peau (Elle aurait certainement dit : « la nuit de mon âme »), qu’à la cérémonie de dédicace quelqu’un, dans cette assemblée de poètes, avait affirmé que Baudelaire était vivant à travers elle, j’ai partagé ce rire contagieux. Par la suite, en parcourant son recueil peuplé de riches incohérences et de séduisants paradoxes, j’ai souri pour autre chose. J’ai pensé aux mots de Casas sur Flaubert en décelant, comme l’autre, du Baudelaire chez Alma Negra mais, heureusement, pas que ; il y avait cette perfection, quelque fois fade, en moins et ces ‘’erreurs ‘’ savoureuses dont parle l’enfant de San Lorenzo, à propos de Tolstoï, en plus.

« Je ne peux me définir que dans la poésie, hors de la poésie je ne peux pas. Je dirais que je suis une personne très ambigüe, très paradoxale qui tente grâce à cet exorcisme qu’est l’écriture de toucher du bout des doigts ce que les bouddhistes appellent la vacuité » me confie-t-elle. J’aurai voulu qu’elle continuât, qu’elle ne s’arrêtât jamais de parler de son moi si peu ordinaire mais elle avait prévenu : «J’ai toujours refusé de parler de moi car je me dis qu’ un artiste, un poète, un écrivain ne doit être connu que par la sphère dans laquelle il évolue ».

Dont acte. Mais pourquoi un pseudonyme, était ce en droite ligne de ce refus de parler d’elle ? Oui et non.

Oui parce que « Plus les écrits sont profonds, plus c’est intime, plus Mame Ngoné Faye s’efface pour laisser la place à Alma Negra ».

Non parce qu’il est clair alors que Mame Ngoné Faye est Alma Negra. L’une n’est que « l’alter ego » de l’autre. Le moi sage et le moi rebelle, le moi lumineux et celui ténébreux cohabitent.

Parmi les influences littéraires d’Alma Negra on retrouve Baudelaire bien entendu, et les symbolistes donc, pour le côté sublimation de la sensibilité mais aussi Dante pour la face sombre. « Il y a du Césaire, du Senghor dans ce que j’écris mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus présent » explique-t-elle.

Dans son poème ‘’Je suis’’, on ne peut passer à côté de ce ver : « Je suis le sexe féminin, le seul sexe qui vaille la peine d’être vécu » et pourtant, fidèle au paradoxe qui, selon ses propres dires, la définit si bien, elle m’affirme, au risque de « se faire tirer les oreilles par les féministes », qu’elle ne pense pas que: « la femme puisse être l’égal de l’homme ». Pour elle en effet: « C’est plutôt une question de complémentarité. Les sociétés africaines et sénégalaises sont matrilinéaires, le pouvoir de décision les femmes l’ont mais en toute discrétion, sans revendiquer la place de chef mais une place de garante d’un certain équilibre qu’elles ont toujours occupées, tirant les ficelles, dans l’ombre, en manipulatrices ».

Alma Negra se définira comme une écrivaine engagée si on l’entraine sur ce terrain, « mais pas au sens de servir une cause » s’empressera-t-elle d’ajouter. « Parfois je parle de faits sociaux. Il m’arrive de dénoncer mais je ne force pas, je ne me force pas à aller dans cette direction par peur de dénaturer mes écrits ».

La dernière note de ces minutes, pendant lesquelles l’effluve, le rayonnement spirituel, a pris le pas sur le délétère, passées derrière les rayons des Editions L’Harmattan, avec les livres comme témoins, fut une ode à la poésie : « Aujourd’hui on privilégie d’autres genres littéraires comme le roman ou le théâtre. Pourtant la poésie a tant à nous apporter, j’espère que tous ces jeunes, ces talents qui ont souvent peur de s’exprimer, iront vers les maisons d’édition pour se faire publier ».

En partant j’amenai avec moi des idées, une idée de la poésie et de l’existence, un sourire et des mots : « ce que je dis tout le monde peut s’y retrouver » qui, au milieu de notre conversation, ont sonné comme une promesse. Une promesse devenue, plus tard, évidence alors que j’étais plongé dans la lecture de : « Te lire », « Ecrivaillon maudit », «Je suis », « L’artiste », « Dépression »…

Rencontre avec Alma Negra
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Claire Rousset LYS 11/07/2013 17:05

Cette pseudo poète, est en fait une véritable plagiaire, puisqu'elle dérobe certaines poésies dont une des miennes que j'ai reconnue dans son recueil, " les effluves délétères" et que j'ai publié bien antérieurement bien entendu, puisque j'en suis l'auteure.
D'autres poètes du site JePoème et Oniris sur lequel elle pompe allégremment les poèmes qui lui plaisent m'ont avertie et nous nous réservons le droit de porter plainte, si elle ne retire pas ses livres de la vente...
N'ayant moi rien à cacher je vous donne mon nom sous lequel je publie en tant qu'administrateur du site Murmures Sous le pseudo d'Elyse
Mais mes recueils paraissent sous mon vrai nom que vous trouverez sous Google facilement
Claire Rousset Lys

Bien cordialement et coléreusement
Claire Rousset LYS

Sylvie TOUAM 16/02/2017 11:13

Bonjour,
Ce n'est qu'aujourd'hui que je découvre cet article, car 3 ans après, comme Claire ROUSSET (que je ne connais pas) je ne décolère pas et il m'arrive encore (la preuve !) de chercher à voir ce qu'est devenue cette Alma Negra...
Comme elle, j'ai été plagiée par cette femme et ma propre parution, bien antérieure à la sienne, le prouve facilement. Sur Jepoème, comme bien d'autres.
Harmattan Sénégal m'a affirmé que le livre était retiré de la vente,
mais cela ne suffit pas pour......"décolérer" surtout lorsque l'on lit ces interviews....


Cordialement
Sylvie TOUAM qui signe et ce message, et ses recueils.