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LivRacine

Histoires de livres, de lectures et d'écriture.

Mandela L’universel

Publié le 19 Juillet 2013 par Racine Assane Demba in Littérature

Il y a le Mandela Caliban du nom de ce personnage Shakespearien esclave et ami de la nature. Césaire l’utilisera dans sa pièce « Une tempête », critique acerbe de la colonisation, Caliban y représentant l’indigène opprimé à l’image du noir d’Afrique du Sud confronté au régime de l’Apartheid.

Le Mandela Prospero ensuite. Prospero est véritablement le héros de « La tempête » de Shakespeare. Duc de Milan, trahi, détrôné par son frère, il est envoyé en exil sur une île déserte. Cependant contrairement aux attentes de son geôlier, Il règne en maître sur cette île censée être hostile grâce à son amour des livres qui lui procurent des pouvoirs magiques et lui permettent de contrôler les esprits et les éléments naturels. Comme Robben Island devint symbole et témoin de la grandeur de Mandela dans  l’adversité alors qu’elle devait briser  en lui toute velléité de résistance.

Le Mandela Spartacus ce rebelle qui, comme Madiba face au pouvoir des Boers, fit vaciller la puissance esclavagiste de Rome au point d’en faire une référence pour toutes les luttes anti-esclavagistes à travers l’histoire.

Le Mandela Prométhée, celui qui a volé le savoir divin qu’il rendit aux humains. Il offrait ainsi aux hommes la liberté, la dignité, ce que nous appelons communément aujourd’hui l’humanité. Cette humanité dont Nelson Mandela demanda à son peuple de faire preuve, après avoir conduit sa libération. Cette humanité qui guide le pardon et rend possible l’unité malgré les différences et en dépit d’un passé commun douloureux.

Jack Lang n’a pas fait qu’inventer la fête de la musique. Cet ancien ministre français de la culture - pas trés recommandable de l'avis de certains de ses compatriotes - a aussi écrit, entre autres ouvrages d’une qualité appréciable, une biographie assez originale de Nelson Mandela.

Relire son hommage  s’avère rafraichissant en de telles circonstances.  « Mandela leçon de vie pour l’avenir » est un conte que l’on gagnerait à dire, dans toutes les langues, aux enfants de tous les peuples.

L’universalité du père de la nation arc en ciel  y est chantée à travers les figures susmentionnées: Prométhée et Spartacus mais aussi Caliban et Prospero comme si Shakespeare, écrivant « La Tempête » mettait en scène les deux derniers personnages cités pour lui faire un hommage avant l’heure.

Dans la quatrième de couverture de son ouvrage, Lang résume ce qui l’a conduit à écrire ainsi sur cet homme qui transcende les clivages d’appartenance raciale ou communautaire pour porter un message empreint d’universalité.

« Mandela, nous disait-il, est devenu un mythe. C'est ce mythe dont j'entends raconter la genèse, la force et l'exemple. J'ai rencontré Mandela voilà plus de quinze ans après avoir contribué au boycott de l'ancienne Afrique du Sud et milité pour sa libération. L'homme était à la hauteur de son mythe : un guerrier, un sage et tout autant un homme de culture théâtrale. C'est ce qui nous a rapprochés spontanément et c'est la manière dont j'ai choisi d'aborder un personnage d'exception. Mandela, est à la fois le rebelle, qui entend combattre l'injustice faite par des Blancs, d'abord par le droit et dans la non-violence, comme un Gandhi, puis dans l'illégalité et la clandestinité dès 1944. C'est aussi le captif sans haine qui découvre le théâtre en prison, se transforme en homme d'Etat prêt à donner sa mesure, sitôt libéré, dans une négociation impossible où l'écoute, la tolérance et la démocratie lui permettent d'éviter un bain de sang. C'est enfin celui qui renonce à la revanche pour incarner une "nation arc-en-ciel". J'ai voulu être le passeur de cette destinée auprès des lecteurs d'aujourd'hui. » 

Pari réussi...

 

Mandela L’universel
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