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LivRacine

Histoires de livres, de lectures et d'écriture.

Un tour au Musée de la Femme...

Publié le 23 Octobre 2015 par Racine Assane Demba

« Notre souhait est que dans quelques années, quelqu’un qui voudrait faire des recherches sur la femme se dise : « je vais au Musée de la Femme »

Créé en 1994, le Musée de la femme vient de quitter l’île de Gorée pour la Place du Souvenir africain, dans l’une des élégantes coupoles situées sur la corniche ouest de Dakar. Mme Marie Pierre Mbaye Myrick, responsable administrative et des relations publiques de ce fleuron du patrimoine culturel sénégalais, nous y a reçus.

Marie Pierre Mbaye Myrick, est la fille d’Annette Mbaye d’Ernevillle, la fondatrice du Musée de la Femme. Juriste de formation, en droit privé, elle est revenue de France après ses études pour travailler au Sénégal. D’abord dans des sociétés d’Assurance, puis pour une multinationale spécialisée dans le courrier rapide, le transport et la logistique. Son travail la conduira au Libéria, au Togo et enfin aux Etats-Unis où elle s’est mariée. Elle s’y est installée partageant aujourd’hui son temps entre le pays de l’Oncle Sam et celui de la Téranga pour s’occuper du Musée.

« Nous nous sommes installés à Dakar, explique Mme Myrick, à cause des difficultés liées à la logistique et au transport des visiteurs. Le ministère de la Culture et de la Communication nous prête ces locaux ». L’édifice est construit sur deux niveaux. Le premier accueille les expositions temporaires telles que des galeries de portraits de femmes, les rencontres, les spectacles… Actuellement une exposition à la découverte de la Calebasse y est présentée, en attendant que l’installation du second niveau dédié aux collections permanentes soit terminée. Il s’agit d’en faire « un lieu d’acquisition du savoir mais aussi un espace ludique ». C’est ainsi qu’entre Septembre et Octobre, des animations autour de la calebasse seront organisées pour les jeunes.

Nouveau site en perspective

Le projet de construction d’un site devant l’accueillir est ficelé. « Le terrain est déjà disponible sur la VDN, il reste à trouver les financements. En plus du musée, un centre de formation pour les femmes y est aussi prévu.

L’objectif du musée est de présenter différents thématiques qui concernent la femme. L’une des dernières manifestations du Musée concernait un hommage à des femmes pionnières « Deux générations de femmes… une vocation », certaines ont été réunies avec des jeunes (filles et garçons) afin de partager avec eux leurs parcours exceptionnels.

« Notre souhait est que dans quelques années, quelqu’un qui voudrait faire des recherches sur la femme se dise : « je vais au Musée de la Femme ». La médiathèque existe, aujourd’hui elle recèle une mine de documents sur la femme sénégalaise, qui restent à exploiter.

Après avoir exposé les perspectives, la responsable administrative et des relations publiques revient à l’origine de cette institution. « L’idée du Musée de la femme, se remémore-t-elle, est venue de la célébration, le 8 mars de chaque année, de la Journée Internationale de la Femme. A cette occasion, Mme Annette Mbaye d’Erneville et ses amis organisaient une journée d’échanges avec des conférences, des expositions etc. Elles ont donc créé un espace permanent. C’est ainsi que le Musée de la Femme est né, avec l’appui du gouvernement du Sénégal, de l’Ambassade du Canada et de bonnes volontés ; un lieu où pendant toute l’année, les femmes sont honorées. Un espace d’expression de notre culture à travers la femme et aussi de défense de la cause des femmes.»

Défaut de financements

Selon la responsable administrative, beaucoup de projets n’ont pu être réalisés durant ces 20 ans faute de moyens financiers. « Le ministère de la Culture et le ministère de la Femme aident mais au niveau financier, il y a toujours des problèmes » dit-elle. Le Musée perçoit peu de financements d’entreprises commerciales ou de fondations. Eiffage (ex-Fougerolles) a été partenaire dès la création, l’Ambassade de France, les Eléments Français au Sénégal et tout récemment la fondation Sonatel ont aussi apporté leur contribution, de même que la Direction de la Diversité Culturelle de l’OIF et la Mairie de Dakar. « Nous voulons, nous assure-t-elle, des partenaires sur le long terme. Notre richesse première c’est notre patrimoine culturel ».

L’association des amis du Musée est entrain de se dynamiser. Elle sera utile notamment pour faciliter des levées de fonds.

Une marraine férue de culture

Henriette Bathily était une femme de radio (radio Sénégal) doublée d’une artiste. Elle a travaillé au département culture du Centre culturel français de Dakar. « Elle a beaucoup aidé les artistes et a participé à l’éducation d’enfants de familles modestes» témoigne Mme Myrick.

Pour finir, elle revient sur une anecdote : « certains ont voulu que ça s’appelle le « centre de la femme » mais ma mère a tenu à garder le mot « musée ».

On en sait gré à Mme Annette Mbaye d’Erneville d’avoir conservé cette appellation : dans musée, il y a muse…

Un tour au Musée de la Femme...
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